Tout a commencé par un e-mail envoyé par un inconnu. Un an plus tard, deux pôles numériques pleinement opérationnels et détenus par la communauté desservent désormais plus de 4 500 personnes, principalement des réfugiés, dans une région caractérisée par un accès limité au réseau électrique, des coûts de connectivité élevés et un accès inégal au numérique. Et cet inconnu est devenu un ami qui nous a montré à quoi ressemble, dans sa meilleure expression, une connectivité centrée sur la communauté.
La connectivité centrée sur la communauté est l’une des approches les plus efficaces pour connecter les régions du monde où elle est extrêmement difficile à mettre en œuvre. En incitant en priorité les communautés à assumer pleinement leur réseau, de la conception au déploiement en passant par la maintenance, cette approche contribue à créer des solutions durables pour des régions considérées comme non rentables ou trop difficiles à connecter.
Lorsque Samuel Lasu, de la CETA (Community Empowerment & Transformation Agency), a contacté l’Internet Society parce qu’il recherchait des partenaires pour connecter le camp de réfugiés de Rhino en Ouganda, nous avions entamé, à l’Internet Society, le premier mois de notre Stratégie 2030. Notre Plan d’action, dont l’objectif est de concrétiser cette stratégie ambitieuse, avait identifié un besoin critique : aider à connecter les communautés de réfugiés. Nous étions donc conscients qu’il nous fallait agir.

Il en est résulté un partenariat entre l’Internet Society, CETA, Hello World, bénéficiaire d’une subvention de la Fondation Internet Society, et le réseau RENU (Research and Education Network for Uganda). L’objectif consistait à apprendre aux réfugiés et aux membres des communautés environnantes non seulement à utiliser Internet, mais aussi à construire et gérer leur propre réseau.
Aujourd’hui, un peu plus d’un an après cet e-mail décisif, nous sommes heureux de partager une étude de cas sur les actions que nous avons menées dans le camp de Rhino et les enseignements retenus. Nous publions ce rapport dans l’espoir que d’autres puissent adapter et reproduire certains éléments de ce modèle dans d’autres communautés de réfugiés ou dans des communautés géographiquement isolées, non connectées ou mal desservies.
Dans le contexte actuel, les fonds alloués à ce type de projet sont limités et très demandés, tandis que l’autonomie des réfugiés est de plus en plus encouragée. Nous avons donc cherché à déterminer comment réussir même dans les circonstances les plus difficiles. Ce qui ne veut pas dire que nous n’avons pas rencontré de difficultés (ce qui a été le cas) ou que nous avons finalisé la mission (nous en sommes encore loin). Cependant, nos efforts collectifs au sein du camp de Rhino ont démontré que des changements considérables sont possibles lorsque l’on réunit les bons intervenants et qu’une communauté dirige et assume sa propre infrastructure essentielle.
Image © Hello World

