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Connecter le monde 17 septembre 2019

Le chapitre du Sri Lanka s’attaque aux restrictions liées à Internet et aux menaces contre la cybersécurité

Depuis sa création, il y a neuf ans, le chapitre d’Internet Society du Sri Lanka joue un rôle prédominant dans la mise en place d’un Internet libre, ouvert et sûr au Sri Lanka.

Pendant les émeutes religieuses de 2018 et les attentats de Pâques de 2019 au Sri Lanka, l’accès aux réseaux de médias sociaux et aux services de messagerie fut bloqué. Le chapitre du Sri Lanka entreprit de collaborer avec le gouvernement, les médias, les universités, le secteur privé et le grand public pour les informer de l’impact de ces restrictions sur Internet. Suite aux émeutes religieuses de 2018, la section de Sri Lanka a adressé une lettre d’appel au secrétariat présidentiel au nom des membres du chapitre d’Internet Society au Sri Lanka ayant pour objet la levée de l’interdiction des médias sociaux. Plus tôt cette année, après les attentats de Pâques, le chapitre du Sri Lanka a organisé une réunion en ligne pour engager un dialogue avec différentes parties, y compris le gouvernement et les agences de presse, dans le but de les informer des importantes conséquences économiques et sociales liées aux restrictions imposées sur Internet. Le chapitre en a profité pour souligner qu’empêcher l’accès en ligne était rarement une solution efficace aux conflits et à l’instabilité.

Les restrictions sur Internet visaient à contrôler la propagation des fausses informations et des discours haineux. Elles avaient également pour but d’interrompre la communication entre les terroristes. Ces restrictions ont non seulement rendu impossible les communications entre des individus et leurs proches, mais aussi l’accès à l’aide d’urgence au lendemain des attentats. Sur Facebook, des groupes de volontaires et des organisations de la société civile n’ont ni été en mesure d’atteindre les personnes qui avaient besoin d’aide, ni de diffuser du contenu validé. Les entreprises, qui s’appuyaient sur la connectivité pour leurs ventes et leurs opérations marketing, ont été affectées négativement et ont connu un important préjudice financier. Le coût économique lié à la suspension partielle d’Internet au Sri Lanka, sur la période allant du 7 au 15 mars 2018, est estimé à 30 millions de dollars américains.

Les mesures techniques visant à restreindre l’accès à Internet atteignent rarement le résultat souhaité lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes sociaux et politiques. En revanche, le dialogue incluant toutes les parties, la transparence, le respect des procédures judiciaires et l’ouverture, devraient être les premières étapes dans la recherche de solutions à des problèmes complexes.

Au mois de mai dernier, le ministère de l’Infrastructure numérique et des Technologies de l’information, conjointement avec l’équipe et le Computer Emergency Readiness Team and Co-ordination Centre (CERT|CC), ont invité le public à commenter unprojet de loi sur la cybersécurité, le tout premier projet de loi soumis à l’appréciation du grand public au Sri Lanka.

Les objectifs du projet de loi sur la cybersécurité proposé sont les suivants :

  • Assurer la mise en œuvre effective de la stratégie nationale en matière de cybersécurité au Sri Lanka
  • Prévenir, atténuer et réagir efficacement aux menaces et aux incidents liés à la cybersécurité
  • Créer une Agence de cybersécurité au Sri Lanka pour renforcer le cadre institutionnel de la cybersécurité
  • Protéger les infrastructures d’information essentielles

Le chapitre du Sri Lanka a été invité par le ministre de l’Infrastructure numérique et des Technologies de l’information à examiner le projet de loi avec d’autres parties, notamment l’Agence des technologies de l’information et de la communication et la Computer Society du Sri Lanka.

Dès la publication du projet de loi, le chapitre du Sri Lanka a demandé : 1) une prolongation du délai de soumission des commentaires afin de permettre un processus de consultation approfondi avec différentes parties ; (2) la traduction du projet de loi dans les langues locales ; et (3) la création d’une communauté multipartite chargée d’examiner le projet de loi.

Le chapitre de Sri Lanka a travaillé en étroite collaboration avec le ministère et le CERT | CC à la sensibilisation du grand public au sujet du projet de loi sur la cybersécurité, ainsi que pour coordonner et rassembler les commentaires publics de particuliers, d’organisations, de décideurs et de partis politiques lors des différentes consultations en ligne et face à face. Au cours de ce processus de consultation et d’échanges, nous avons relevé une absence d’experts sur les questions techniques.

Néanmoins, les commentaires soumis par le chapitre du Sri Lanka ont reçu un accueil favorable. Les principaux commentaires portaient sur la nécessité de définir clairement ce qui constitue une « infrastructure d’information essentielle » et de réévaluer la création de plusieurs agences pour traiter les questions de cybersécurité, ceci afin d’éviter les conflits d’intérêt et les résultats contreproductifs dans la lutte contre les cybermenaces. Il a été recommandé de réduire au minimum le nombre d’agences. Une procédure de réexamen du rôle de l’Agence de cybersécurité et de la représentation des organisations de la société civile au sein de l’Agence de cybersécurité a également été recommandée.

Au nom du chapitre du Sri Lanka, je voudrais exprimer ma gratitude aux membres d’Internet Society au Sri Lanka et dans le monde entier pour leur soutien aux différentes initiatives susmentionnées. Nous souhaitons également remercier le ministère de l’Infrastructure numérique et de la Technologie de l’information ainsi que Monsieur le ministre d’avoir soumis le projet de loi sur la cybersécurité à l’appréciation du grand public. Nous saisissons cette occasion pour réitérer notre engagement de continuer à protéger l’Internet gratuit, ouvert et inclusif pour tous.

Consultez le document de politique générale d’Internet Society sur les coupures d’Internet.

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Avertissement: Les points de vue exprimées dans cette publication appartiennent à l’auteur et peuvent ou non refléter les positions officielles de l’Internet Society.

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