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Technologie 7 avril 2019

Les RFC qui définissent le fonctionnement d’Internet fêtent leur 50e anniversaire

Dan York
Par Dan YorkDirector of Web Strategy

C’est le 7 avril 1969, il y a exactement 50 ans, que la toute première RFC (« Request for Comments » ou littéralement « demande de commentaires ») a été publiée. Intitulée simplement « Logiciel hôte », la RFC 1 a été élaborée par Steve Crocker afin de documenter la méthode d’envoi des paquets d’un ordinateur à l’autre dans le cadre du tout premier réseau de l’époque, ARPANET. [1]

Steve et les autres premiers auteurs échangeaient simplement des idées pour tenter de découvrir des moyens pour connecter les différents appareils et systèmes des premiers réseaux, qui formeraient l’énorme réseau de réseaux qui constitue ce que nous appelons désormais l’Internet. Ils n’avaient pas pour objectif la création de normes formelles. Ils élaboraient simplement des spécifications leur permettant d’établir une communication entre leurs ordinateurs. Ils étaient loin d’imaginer que le système qu’ils avaient développé permettrait à terme de définir les normes utilisées pour construire Internet.

Il existe aujourd’hui plus de 8 500 RFC dont la publication est gérée au moyen d’un processus formel, par l’équipe RFC Editor (rédaction des RFC). L’Internet Engineering Task Force (IETF) est chargée de produire la plus grande majorité des RFC (mais pas la totalité). L’IETF suit des procédures strictes permettant la circulation des documents en son sein, afin de faire évoluer les idées (« Internet-Drafts » ou « I-D », littéralement des brouillons) en normes publiées ou documents d’information[2].

Il y a 50 ans, la série de RFC présentait des différences fondamentales par rapport à d’autres normes de l’époque, à savoir :

  • N’importe qui pouvait rédiger une RFC gratuitement.
  • N’importe qui pouvait lire les RFC gratuitement. Elles étaient proposées à la lecture libre, sans frais ni cotisation.

Comme l’explique Steve Crocker dans ses mémoires, les RFC ont ainsi pu être largement diffusées à travers le monde, permettant aux étudiants, aux développeurs, aux fournisseurs et autres professionnels de les étudier. C’est ainsi qu’ils ont pu apprendre le fonctionnement de l’ARPANET, puis de l’Internet, pour ensuite créer de nouveaux services, systèmes et logiciels incroyables.

Cette ouverture est encore la règle aujourd’hui. Bien que le processus de publication d’une RFC soit désormais plus rigoureux, n’importe qui peut le lancer. Il n’est pas nécessaire d’être membre (ou de payer une cotisation) pour contribuer aux normes ou les améliorer. Et n’importe qui, n’importe où, peut lire gratuitement l’ensemble des RFC. Aucun paiement n’est demandé pour le téléchargement des RFC et il n’est pas nécessaire d’adhérer à une quelconque organisation.

Par-dessus tout, ce modèle ouvert de travail collaboratif permettant de créer des normes volontairement ouvertes est probablement la plus grande réalisation du processus des RFC. Le modèle Internet de mise en réseau a prospéré parce qu’il repose sur ces normes ouvertes.

Des normes peuvent être publiées et d’autres supprimées au fil du temps, mais l’ouverture du fonctionnement perdure.

Bien que nous n’utilisions plus le protocole NCP ou certains des autres protocoles définis par les premières RFC, nous continuons à définir de nouveaux protocoles dans de nouvelles RFC. Les milliers de RFC à venir définiront de nombreux aspects de l’Internet de demain.[3]

Sans savoir exactement comment ce futur Internet fonctionnera, on peut facilement supposer qu’il sera défini en partie par des RFC.


  • Consulter aussi : Cinquante ans de RFC – réflexions de la rédactrice actuelle des RFC, Heather Flanagan.

[1] Consulter notre page de l’histoire d’Internet pour plus de détails.

[2] Pour plus d’explications sur les différents types de RFC, consulter« Comment lire une RFC ».

[3] Comme indiqué dans le chapitre sur les « Conclusions et observations » de notre Rapport mondial sur l’Internet 2019, le nombre croissant de nouveaux services et applications sur Internet reposant sur les interfaces applicatives de programmation (API), contrôlées par le propriétaire de l’application ou de la plate-forme, plutôt que sur des normes ouvertes définies par l’ensemble de la communauté Internet est pour nous source de préoccupation.

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Avertissement: Les points de vue exprimées dans cette publication appartiennent à l’auteur et peuvent ou non refléter les positions officielles de l’Internet Society.

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