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Cryptage 12 octobre 2021

Le cryptage : Comment il peut protéger les groupes de pression et les mouvements sociaux

Le cryptage est un outil conçu pour aider les internautes à garantir la confidentialité et la sécurité de leurs données et de leurs communications sur Internet. Il joue un rôle crucial dans la protection des activités numériques au quotidien, telles que la banque et les achats en ligne, en empêchant le vol de données sensibles en cas de piratage et en assurant la confidentialité des messages confidentiels.

Il est essentiel à la protection de la liberté d’expression et de la confidentialité. Pour certains groupes, notamment les défenseurs des droits de l’homme, les groupes de pression, les organisateurs communautaires et les acteurs de l’humanitaire, le cryptage est particulièrement vital, et doit être utilisé en complément d’autres outils de protection de la confidentialité plus conventionnels, pour assurer la sécurité des individus, en ligne comme dans leur vie quotidienne. 

Comment le cryptage renforce la sécurité des groupes de pression

Le cryptage est un outil essentiel, qui permet aux groupes de pression de sensibiliser le public sur les atteintes aux droits de l’homme et de demander des comptes aux gouvernements. Si les groupes de pression ne peuvent pas partager de ressources et interagir en toute confiance avec les parties impliquées, il leur est impossible de défendre les droits de l’homme en toute sécurité. De même, si les groupes de pression ne peuvent pas garantir l’anonymat de leurs soutiens au sein de la communauté, ces partisans risquent de rester en retrait, au détriment du public, car les droits de l’homme pourront donc se détériorer. Voici quelques exemples d’utilisation du cryptage par les groupes de pression :

  • Interagir en toute sécurité avec les acteurs de la communauté : des membres de la communauté, notamment des journalistes, des groupes d’intérêt, des universitaires et des particuliers, peuvent partager des ressources et des informations personnelles à la condition expresse que les groupes de pression protègent leur identité. Le cryptage de bout en bout permet aux groupes de pression d’établir une relation de confiance avec la communauté, en développant leur mouvement tout en réduisant au minimum les risques pour les individus.

  • Protection de l’intégrité des informations : Les groupes de pression doivent disposer d’un moyen sûr pour avertir la communauté lorsqu’ils ont partagé des informations fiables. Les protocoles tels que HTTPS contribuent à la protection des données lorsqu’elles transitent entre un site Internet et les lecteurs. Cela protège également les groupes de pression contre la censure : il est plus difficile pour les censeurs de bloquer les messages ou l’accès aux sites Internet s’ils ne sont pas en mesure d’intercepter les données.
  • Protection contre les attaques personnelles : Il est arrivé à de nombreuses reprises que des groupes de pression soient victimes du piratage de leurs appareils et plateformes en ligne, et qu’ils soient la cible d’une surveillance par des acteurs gouvernementaux ou privés, notamment lorsque le logiciel espion de NSO Group a servi à surveiller plus de 50 000 cibles, notamment des chefs d’État, des militants et des journalistes, comme l’a révélé le projet Pegasus. Les groupes de pression sont également confrontés à des menaces telles que les injures en ligne, le doxing (la collecte et la divulgation sur Internet d’informations personnelles), le cyberharcèlement et, dans des cas extrêmes, le kidnapping et la violence. Bien que les groupes de pression doivent rester vigilants face à la pléthore de techniques de surveillance, à la fois numériques et traditionnelles, le cryptage de bout en bout peut les aider à protéger leurs communications contre la surveillance et l’interception par des tiers. Bien que le piratage et la surveillance restent possibles sur les appareils des utilisateurs, le fait d’affaiblir les services de cryptage, voire de s’en priver complètement, rendrait les attaques de ce type encore plus faciles et fréquentes. 
  • Demander des comptes aux gouvernements et aux institutions : un élément primordial de la défense des droits fondamentaux est la capacité à demander des comptes aux personnes et aux institutions au pouvoir vis-à-vis de leurs décisions et de leurs actes. Pour ce faire, il est crucial que les groupes de pression aient accès à des outils de sécurité numériques permettant d’empêcher de puissantes entités (nationales ou étrangères) de consulter ou de modifier leurs recherches, leurs conversations et leurs bases de données communautaires.
  • Une politique favorable à un cryptage robuste protège les groupes de pression partout : en encourageant le cryptage de bout en bout, les pays aident les groupes de pression locaux, mais aussi internationaux, donnant l’exemple en matière de protection du cryptage à l’échelle de la planète. En affaiblissant le cryptage, ils créent un dangereux précédent, susceptible d’être utilisé de manière malveillante par d’autres gouvernements qui ne sont pas soumis aux mêmes normes en matière d’état de droit. 

Qu’est-ce que le cryptage?

Le cryptage est le processus visant à brouiller les informations afin que celles-ci soient uniquement lisibles par une personne disposant de la clé pour les ouvrir et les restituer à leur état initial. Le cryptage de bout en bout (E2E) assure le meilleur niveau de sécurité et de confiance, car, grâce à sa conception, seul le destinataire prévu détient la clé permettant de décrypter le message. Aucun tiers ne doit être en mesure d’accéder à la clé. Mais certains gouvernements et organisations font pression pour affaiblir le cryptage afin de lutter contre la criminalité.

Pourquoi les portes dérobées au cryptage ne sont pas la solution

Des agences de renseignement et des forces de l’ordre demandent de plus en plus souvent des « portes dérobées au cryptage » afin d’accéder aux communications cryptées afin d’identifier plus facilement les criminels ou d’imposer aux entreprises de le faire à leur place. Cela affaiblit non seulement l’infrastructure mondiale d’Internet, mais met également en danger la vie des défenseurs des droits de l’homme. Voici comment :

  • Les faiblesses imposées nous affaiblissent tous : toute porte d’accès à un service sécurisé constitue une faiblesse. Les portes dérobées au cryptage mettent en danger les informations et conversations privées, car elles permettent aux gouvernements d’accéder à vos informations privées, mais ouvrent la même porte dérobée aux acteurs malveillants. Il n’existe pas de verrou numérique que seuls pourraient ouvrir les « gentils ».

  • La criminalité est un concept subjectif : si les autorités peuvent se prévaloir de l’efficacité des portes dérobées au cryptage pour identifier les criminels, dans de nombreux pays, la fragilité des normes en matière d’état de droit donne lieu à des poursuites et des persécutions contre les défenseurs des droits de l’homme, orchestrées par les autorités. Dans certains pays, les groupes de pression et les acteurs de l’humanitaire sont parfois emprisonnés, torturés, voire condamnés à mort, pour avoir attiré l’attention sur des atteintes aux droits de l’homme et pour avoir exercé leur liberté d’expression. Sans le cryptage, les militants qui résident dans ces pays ou qui s’y rendent ne seraient pas en mesure de défendre les victimes de ces atteintes de manière sûre et efficace, et seraient exposés aux poursuites et aux persécutions.

  • L’absence de cryptage peut nuire aux mécanismes permettant de demander des comptes aux gouvernants : si les groupes de pression ne disposent pas d’un moyen sécurisé d’effectuer leur travail, ils pourraient décider de ne pas s’attaquer à des problèmes cruciaux, par peur des répercussions, de la surveillance et du harcèlement auxquels cela les exposerait. Une démocratie saine a besoin d’une communauté forte et audible, qui sensibilise à l’impact de l’action des gouvernements, des institutions, des entreprises et des autres acteurs puissants sur la société.

Protégez le cryptage pour vous protéger

Protégez nos outils numériques les plus efficaces pour garantir la sécurité en ligne des individus. Les groupes de pression et le grand public doivent bénéficier d’un Internet sûr pour pouvoir demander des comptes aux gouvernements et aux institutions, pour révéler des affaires importantes et susceptibles d’avoir des conséquences, et pour renforcer la santé des démocraties.

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