Création d’une oasis Internet dans les quartiers noirs de Baltimore

Un effort déployé pour apporter la connectivité aux centres communautaires pendant la pandémie profite désormais à des milliers de personnes dans la ville.

Au «Transformation Center», un centre communautaire situé dans le quartier de Brooklyn à Baltimore, de plus en plus de résidents font la queue pour obtenir de la nourriture, des couches et d’autres produits de première nécessité. Depuis le début de la pandémie, c’est une scène courante dans l’ensemble des États-Unis, mais le «Transformation Center» se distingue par un fait notable. Alors que les gens font la queue et attendent souvent pendant 45 minutes, ils sortent leurs téléphones portables, prêts à profiter du Wi-Fi gratuit qui est disponible via un réseau communautaire depuis mai 2021, grâce à un groupe de héros locaux dévoués à la cause.

«Beaucoup de gens n’ont pas assez de connexion. Ils ont à peine le strict minimum», explique Mohammed Saheed Aiyeloja, 21 ans.

«Si j’achète une carte de bus pour la semaine et qu’au bout de deux jours, je n’ai plus accès à Internet sur mon téléphone, je ne peux pas la montrer au chauffeur de bus», dit-il. «Maintenant, on peut aller devant l’église pour profiter du Wi-Fi ou devant le centre communautaire pour travailler en toute sécurité. C’est l’outil qui nous permet de tout faire.»

Mohammed est plus qu’un simple utilisateur de réseau communautaire. Il fait également partie de l’équipe d’installation des points d’accès dans toute la ville.

Le «Transformation Center» est l’un des sept emplacements du réseau. Depuis 2020, les points d’accès Wi-Fi sont installés grâce à un partenariat entre Rowdy Orb.it, United Way of Central Maryland, Elev8 Baltimore, No Boundaries Coalition et le chapitre Greater Washington DC de l’Internet Society.

«J’avais lancé l’idée… on savait que les gens n’avaient pas de connexion Internet fiable. Alors, je me suis dit qu’il devait bien y avoir un meilleur moyen de se connecter et moins cher. Je ne savais tout simplement pas comment», déclare Jonathan Moore, PDG et fondateur de RowdyOrb.it, une entreprise technologique de Baltimore axée sur l’expansion de l’accès numérique et la formation.

Il voulait atteindre les quartiers les plus mal desservis de la ville.

© J.J. McQueen

Baltimore: l’histoire de deux villes

Les quartiers riches, bien desservis et à prédominance blanche de Baltimore contrastent fortement avec ses communautés pauvres, démunies et à prédominance noire, qui se déploient dans les moitiés est et ouest de la ville de manière presque symétrique, comme la forme des ailes d’un papillon.

Le modèle de ségrégation raciale de Baltimore a été décrit par le professeur agrégé de la Morgan State University, Lawrence Brown, comme le «Black Butterfly (papillon noir).» Les communautés des ailes ouest et est de «Black Butterfly» doivent faire face à l’inégalité raciale, à la criminalité, aux disparités en matière de santé et à la pauvreté.

«Ce sont deux quartiers qui reflètent exactement les mêmes disparités» , explique Moore.

Selon le recensement américain de 2020, Baltimore a un taux de pauvreté moyen de 21,2 %, soit environ le double de la moyenne nationale et l’un des plus élevés du pays.

Le «papillon noir» fait référence à la répartition de la population noire dans la ville. Source: Urban Institute

Les taux de pauvreté sont inférieurs à 11 % dans les quartiers à prédominance blanche du nord de la ville. Au sein de «Black Butterfly», ils dépassent souvent 35 %.

«Baltimore est l’histoire de deux villes: l’une de pauvreté et l’autre de fantaisie» , explique Alexandria Adams, directrice exécutive d’Elev8. «Si je devais brosser le tableau du racisme systématique, ce sont des concentrations d’extrême pauvreté, avec un grand nombre de personnes sans accès aux ressources.»

C’est une disparité qui est enracinée dans les politiques depuis des générations. En 1910, le conseil municipal de Baltimore a adopté une loi sur la ségrégation du logement établissant certains quartiers comme blancs ou noirs. Dans les années 1930, la Federal Housing Administration a commencé à coder les quartiers par couleur en fonction de leur solvabilité. Les quartiers à prédominance noire étaient marqués en rouge, ce qui les empêchait d’accéder aux prêts hypothécaires, une pratique de discrimination bancaire connue sous le nom de «redlining».

Source: Urban Institute

Les investissements à Baltimore sont également inégaux, fragmentés selon la race, les revenus et la géographie. Les quartiers comptant moins de 50 % d’Afro-américains reçoivent près de quatre fois l’investissement des quartiers où résident plus de 85 % d’Afro-américains. Les quartiers à faible pauvreté reçoivent une fois et demie l’investissement des quartiers à forte pauvreté.

La pandémie n’a fait qu’amplifier les inégalités, affirme Jonathan. «Le nombre de personnes en demande de nourriture est en augmentation, et il y a aussi plus de personnes qui prennent les transports en commun… C’est impressionnant de voir à quel point de nombreuses communautés que nous desservons sont durement touchées par la pandémie de COVID-19.»

La fracture numérique de Baltimore

En ce qui concerne l’accès à Internet, les chiffres montrent des disparités similaires. Un rapport de mai 2020 a révélé que 40,7 % des ménages à Baltimore n’ont pas de service Internet filaire, c’est-à-dire le câble, la fibre ou l’ADSL. Un ménage sur trois n’a ni ordinateur de bureau ni ordinateur portable. Le rapport indique également que Baltimore occupe le 29e rang sur 33 villes américaines pour l’adoption du haut débit filaire domestique.

Il n’est pas étonnant que les déserts Internet soient courants dans l’ensemble de «Black Butterfly». Jonathan explique que la fibre Internet dans de nombreuses communautés ne dessert pas les foyers, mais est destinée à la surveillance policière. Il dit même que certaines personnes voient l’ajout d’une nouvelle infrastructure Internet comme un signal de délogement futur.

«Dès qu’on commence à voir des groupes d’ouvriers du bâtiment et des camions de chantier entrer dans le quartier, c’est un signe d’embourgeoisement et une sonnette d’alarme. C’est un signe qu’on va être délogé si on n’est pas propriétaire», explique Jonathan.

C’est un ressenti contre lequel lui-même et d’autres personnes essayant de connecter les communautés mal desservies doivent se battre. Le Wi-Fi communautaire gratuit est un moyen de lutter contre l’embourgeoisement plutôt que d’y contribuer.

«Habituellement, lorsque quelque chose entre dans une communauté, il y a un sentiment de «combien va-t-on nous soutirer?» plutôt que «combien va-t-on nous donner?». Mais nous voulions nous concentrer sur l’appartenance à la communauté. En donnant davantage, on constate une empreinte économique importante», explique Jonathan.

Établir la confiance avec un réseau communautaire peut prendre du temps… mais une fois que c’est fait, la croissance est rapide. »

Jonathan Moore, PDG et fondateur de RowdyOrb.it

Mohammed, qui a grandi à Baltimore pendant la majeure partie de sa vie, est d’accord. «La première étape consiste simplement à nous présenter et à montrer que nous essayons de faire quelque chose pour [la communauté…], que nous les défendons et les soutenons.»

Les débuts du partenariat

En 2019, une conversation lors d’une conférence sur l’équité numérique à Washington, D.C. a éveillé l’intérêt d’un partenariat pouvant être utile à ce réseau communautaire. Il s’ensuivit une prise de contact entre Jonathan Moore et Dustin Loup, directeur exécutif du chapitre Greater Washington DC de l’Internet Society.

«Il avait cette vision de construire un réseau communautaire à Baltimore, mais en allant au-delà, avec une infrastructure locale pouvant être exploitée pour d’autres choses comme des capteurs de qualité de l’air», explique Dustin. «Cette approche m’a plu. Il ne s’agissait pas seulement de la connectivité en tant que mot à la mode, mais de ce qu’elle pouvait apporter à une communauté.»

Jonathan voulait donner la priorité aux points d’accès Wi-Fi gratuits dans les communautés les plus mal desservies de Baltimore et éventuellement les étendre pour fournir un accès à toute la ville. Il envisageait à l’origine la pose de fibre, qui est complexe et coûteuse. «Je me suis dit qu’il devait y avoir un meilleur moyen d’y arriver et moins cher.» Je ne savais tout simplement pas comment», dit-il.

L’Internet Society lui a présenté une alternative. «Dustin et moi sommes allés à New York et à NYC Mesh et avons fait une installation et je me suis dit: «Oh! Je vois. C’est comme ça qu’on peut faire.»

Jonathan a rejoint Dustin pour un atelier de l’Internet Society en octobre 2019. Puis, ils ont posé une candidature pour «Beyond the Net», qui était alors une petite subvention de l’Internet Society pour financer la formation de trois élèves du secondaire.

La formation, sur les bases de la mise en réseau et la configuration de l’équipement de mise en réseau pour créer des points d’accès pour un réseau communautaire, a eu lieu en février 2020, juste avant que la pandémie n’oblige de nombreux Américains à se mettre en quarantaine.

Mais loin d’entraver le réseau communautaire, Jonathan affirme que la pandémie les a aidés. «Aussi triste que cela ait pu être, c’était exactement ce qu’il nous fallait. En fait, nous n’avons pas eu à convaincre les gens […] de pourquoi c’était important… nous avons donc été épargnés de bon nombre de conversations.»

Connexion des écoles communautaires

Quelques semaines après la formation initiale, ils ont organisé un suivi avec les mêmes étudiants qui avaient configuré l’équipement réseau. Cette fois, il s’agissait de leur apprendre à l’installer. New Song Academy, une école gérée par une association communautaire, a proposé le toit de son bâtiment pour y installer la première antenne Wi-Fi communautaire en mars 2020.

«Beaucoup de nos parents d’élèves sont des travailleurs de la santé, qui prennent des décisions difficiles chaque jour. Maintenir une connexion de données n’est peut-être pas réaliste pour nos familles, qui accordent autant d’importance à l’éducation qu’à bien d’autres choses», déclare Doug Fireside, directeur de la New Song Academy. «Si nous pouvions les soulager et leur donner un peu de répit, cela changerait la donne.»

Disposer du signal Wi-Fi gratuit au début de la pandémie a aidé plusieurs familles en difficulté. Doug se souvient d’une maman qui est venue imprimer un formulaire afin de pouvoir présenter une demande aux services sociaux. Alors qu’elle se trouvait dans le bâtiment, elle s’est rendu compte qu’elle n’avait plus de données sur son téléphone et qu’elle ne pouvait donc pas envoyer le document. Lorsque Doug lui a montré comment se connecter au Wi-Fi gratuit de la communauté, elle a pu envoyer le document, consulter ses courriels, consulter des sites Web d’actualités, planifier des rendez-vous chez le médecin et lire ses messages.

Ce fut un moment révélateur pour Doug, qui l’a décrit comme «le genre d’accès que moi, en tant que gars blanc de la classe moyenne vivant à Charles Village, je tiens tout simplement pour acquis». Et cela l’a motivé. «Si on pouvait simplement se connecter, le monde changerait. … C’est quelque chose que nous voulons continuer à poursuivre afin que nos résidents puissent avoir tout ce que les habitants des communautés plus riches ont.»

Doug dit qu’il n’y a que quelques points d’accès Wi-Fi publics gratuits dans le quartier de New Song, Sandtown, contre au moins 50 à Charles Village. Et peu de foyers à Sandtown sont connectés.

Les étudiants ont installé la première antenne Wi-Fi communautaire au New Song Center en mars 2020. © New Song.

«Cela reflète la prise de décision fondée sur la race en urbanisme. Disons les choses telles qu’elles sont», dit-il. «Il n’y a pas le même besoin perçu ici que dans d’autres communautés. Mais en réalité, il y a le même besoin et les mêmes désirs… pour toutes ces choses que beaucoup de communautés tiennent pour acquises.»

Au cours des premiers mois de la pandémie, New Song est devenu une plaque tournante de la distribution alimentaire, servant 500 déjeuners par jour, cinq jours par semaine. «À tous ceux qui faisaient la queue et qui avaient leur téléphone en main, je disais: «Hé, si vous voulez une connexion Wi-Fi gratuite, cliquez juste là-dessus». Nos familles savaient que si elles en avaient besoin, elles pouvaient s’installer, ouvrir leur ordinateur portable et se mettre au travail», explique Doug.

«Nous savons que bon nombre de gens utilisent le point d’accès Wi-Fi gratuit durant la troisième et la quatrième semaine du mois lorsque les choses se compliquent à cause de leur forfait mobile et que leurs données sont épuisées. Maintenant, ils ont [un endroit central] où aller et se connecter», explique Jonathan. «Vous savez, je pensais qu’on installait juste une antenne … mais cela s’est transformé en quelque chose de beaucoup plus grand.»

Sean Stevenson (à droite), membre du personnel du New Song Center, accède au Wi-Fi gratuit tout en organisant la distribution de nourriture en mars 2020. © New Song Academy

Mais pour avoir un impact, ils devaient étendre le réseau communautaire au-delà de New Song. Le point d’accès Wi-Fi suivant a été installé en juin 2020 à Cherry Hill, au sud de Baltimore. Son emplacement, le siège d’Elev8, offre des opportunités extrascolaires, des services de santé en milieu scolaire, des ressources et une sensibilisation communautaire.

À peu près à cette époque, l’équipe a demandé une autre subvention à l’Internet Society. Ils ont reçu 22 000 dollars américains pour commander plus d’équipement, ce qui leur a permis de mettre en place plus de points d’accès.

L’installation suivante a eu lieu à l’école primaire Patapsco à Cherry Hill. Elle fournit une connectivité dans un rayon de 800 mètres.

À ce moment-là, il était clair que les élèves du secondaire formés ne pouvaient pas fournir la main-d’œuvre à temps plein requise. Pour combler le manque, Jonathan et Elev8 ont élaboré un plan de développement de main-d’œuvre. Ils ont contacté le bureau du Maryland de l’association à but non lucratif NPower, qui propose une formation technologique aux anciens combattants et aux jeunes adultes des communautés mal desservies. NPower les a mis en contact avec des personnes pouvant travailler à temps partiel à partir de juillet.

Développement de la main-d’œuvre par l’intermédiaire des coordinateurs communautaires

En septembre 2020, le projet avait embauché quatre diplômés de NPower en tant que consultants RowdyOrb.it à temps plein. Les employés ont été chargés de créer davantage de réseaux, dans le but de devenir des coordinateurs à long terme.

«Notre objectif est de former des gens, de créer des coopératives locales de travailleurs et de créer un sentiment d’appartenance à la communauté», ajoute Jonathan.

Alexandria affirme que l’ajout d’un élément de développement de la main-d’œuvre est essentiel pour la durabilité à long terme. Elev8 et United Way of Central Maryland assurent le développement des compétences non techniques tandis que RowdyOrb.it et l’Internet Society transmettent les compétences techniques sur l’installation du réseau communautaire.

«C’est à nous de créer une opportunité à long terme afin de démanteler le racisme institutionnel» , explique Alexandria. «Il ressort de ces choses négatives une main-d’œuvre qui comprend le Wi-Fi. Ce n’est pas seulement «oh, je peux être un technicien, mais oh, je peux être un patron». C’est la définition de la réhabilitation et pour moi, c’est ce qui est le plus passionnant.»

C’est à nous de créer une opportunité à long terme afin de démanteler le racisme institutionnel.”

Alexandria Adams, directrice exécutive d’Elev8

L’un des protégés de Jonathan Moore est Jonathan Butler, 27 ans, responsable d’installation de zone chez RowdyOrb.it. Il y a à peine deux ans, il n’avait pas accès à Internet.

«Je travaillais chez T-Mobile en tant que vendeur. Je travaillais chez Corner Bakery. J’ai travaillé comme professeur suppléant. J’ai travaillé partout, essayant juste de comprendre les choses, mais ce n’était pas facile et j’en arrivais au point où les choses étaient tout simplement désastreuses», se souvient Butler. «Nous n’avions pas du tout le Wi-Fi [ou Internet]… parce que mes parents étaient âgés, alors ils n’en ressentaient pas le besoin. C’était tout un drame parce que je faisais des allers-retours chez des amis juste pour avoir Internet, ou parce que j’utilisais la connexion de mes voisins… C’était un vrai combat.»

Un jour, alors qu’il était en ligne, il est tombé sur NPower, la seule école de commerce locale qui accepte les étudiants plus âgés. Après six mois de formation en informatique, il décroche un stage chez RowdyOrb.it. Il a commencé à travailler sur le projet de réseaux communautaires en juillet 2020.

Jonathan Butler, à gauche, travaille sur une installation à l’association «City of Refuge» en novembre 2020.
© Baltimore Sun

«Une fois que nous avons commencé à travailler sur le projet, j’en suis tombé amoureux. Non seulement j’ai l’impression de m’engager avec les gens et de faire quelque chose de positif pour le monde et de contribuer, mais j’ai aussi l’impression d’apprendre… Ce n’est que la pointe de l’iceberg lorsqu’on parle de fracture numérique», déclare Butler.

Il se souvient comment une mère a éclaté en sanglots après l’accès au Wi-Fi communautaire gratuit. Elle avait été déconnectée pendant un certain temps et ses enfants ne pouvaient pas aller à l’école. Il y avait aussi le père de Curtis Bay qui était ravi de découvrir que lui et ses enfants pouvaient accéder à Internet depuis le porche de sa maison, plutôt que de payer pour des points d’accès mobiles coûteux.

Je ne peux même pas imaginer un travail plus épanouissant », dit Butler avec un grand sourire. « On comprend vraiment à quel point cela a une incidence sur la vie des gens. Ça donne juste envie de travailler beaucoup plus dur.
Jonathan Butler, responsable d’installation de zone chez RowdyOrb.it

«Ce travail me donne de l’espoir parce que je vois des gens qui me ressemblent aider d’autres gens qui me ressemblent. Et c’est gratifiant, parce que nous pouvons régler nos problèmes.» ajoute Butler. «J’ai toujours été passionné par l’idée d’aider la communauté parce que je viens d’une région qui n’a pas beaucoup de ressources et je comprends comment cela peut vraiment affecter le cours de votre vie. On peut réussir ou échouer.»

Mohammed raconte une histoire similaire. Âgé de 21 ans, c’est le plus jeune coordinateur. «J’ai l’impression que la technologie et l’équité numérique sont un facteur d’égalité pour beaucoup de gens, car il y a des gens qui créent des entreprises de plusieurs millions de dollars à partir de leur téléphone.»

Il dit que ses compétences techniques et personnelles se sont également développées. «Je savais que je voulais aider les gens, mais il fallait que je m’implique plus. Cela a fait de moi une meilleure personne car les nombreuses choses que je fais actuellement, je ne savais pas les faire en septembre dernier: la fabrication des antennes, les événements de configuration et les mâts d’antenne, les différents types de points d’accès, les différents types de radio RF.»

Connexion des centres communautaires

Le projet a reçu un autre coup de pouce lorsque le travail d’ajout de points d’accès Wi-Fi à l’Église épiscopale méthodiste africaine (AME) et à l’Église méthodiste unie, toutes deux à Cherry Hill et toutes deux fortement impliquées dans la fourniture de biens et de services à la communauté, a été présenté dans un article de journal. Après avoir pris connaissance de leur travail novateur, l’association United Way locale a contacté l’équipe pour participer.

«United Way of Central Maryland a apporté un financement supplémentaire pour une solution de liaison terrestre à long terme, ainsi que le développement de la main-d’œuvre et une rémunération continue pour les personnes formées et effectuant le travail», a déclaré Loup.

Le soutien de United Way à ce travail, co-créé avec les résidents et les dirigeants communautaires, entraîne un changement positif du tout au tout. Les personnes qui vivent dans les quartiers desservis peuvent être formées et embauchées pour maintenir une infrastructure en constante croissance pour leurs communautés, tandis que la durabilité est assurée par cette main-d’œuvre localisée. Cela influence à son tour la revitalisation de la communauté et renforce les économies locales.

United Way a également mis l’équipe en contact avec la communauté de Curtis Bay, dont le terrain est difficile, constitué de collines vallonnées et de quelques structures hautes pour amplifier les signaux Wi-Fi. L’équipe a commencé par connecter le centre communautaire de «City of Refuge» en novembre 2020, qui dessert plus de 700 personnes par semaine pour les seuls services de restauration.

Dustin dit que de nombreux points d’accès ont été stratégiquement placés dans des espaces sûrs qui fournissent des ressources précieuses à la communauté. «Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas de logement stable, ils doivent donc savoir qu’il existe des endroits où ils peuvent avoir une connexion ouverte et sûre.»

Deux points d’accès ont été installés à proximité des campements de sans-abri. L’équipe travaille avec des organisations communautaires pour identifier où installer les points d’accès Wi-Fi gratuits.

Heather Chapman, vice-présidente des zones de voisinage de United Way dans la région centrale du Maryland, affirme que cette participation communautaire à la prise de décision est essentielle. «Souvent, lorsqu’on parle de fracture numérique et d’équité numérique, on ne voit pas cette conversation se dérouler équitablement. On ne voit pas de noirs et de métis participer, et c’est pourquoi nous voulions que cela soit inclusif.» Elle ajoute: «Lorsque nous parlons de notre projet, nous utilisons toujours les mots «équité numérique», car c’est vraiment de cela qu’il s’agit.

Un résident de Curtis Bay se connecte au Wi-Fi gratuit du centre communautaire de « City of Refuge » pour consulter ses courriels et poursuivre sa recherche d’emploi. © Kara Nicole/City of Refuge

On ne voit pas de noirs et de métis participer, et c’est pourquoi nous voulions que cela soit inclusif.”
Heather Chapman, vice-présidente des zones de voisinage de United Way dans la région centrale du Maryland

Les premiers centres communautaires de United Way ont obtenu des points d’accès en février 2021. La dernière installation a eu lieu au «Transformation Center» dans le quartier de Brooklyn en mai 2021.

Tarriq Thompson, résident de Curtis Bay et leader des jeunes, ainsi que sa mère et sa sœur, partageaient le point d’accès Wi-Fi personnel de sa sœur. Cela ne suffisait pas. «C’était vraiment difficile de faire du télétravail, surtout depuis le COVID et tout ce qu’il s’est passé. Je préfère faire des interviews sur mon téléphone avec uniquement des données, car soit la connexion Internet est mauvaise, soit il n’y en a aucune. Internet est la clé de notre succès en ce moment. » Il est ravi du nouveau Wi-Fi communautaire.

Connectivité dans les foyers

Heather dit qu’il est également essentiel d’étendre la connectivité aux foyers et d’assurer la qualité des connexions Internet. «Il y a encore un énorme fossé parce que même dans beaucoup de ces communautés, où il y a des gens de couleur, où les gens sont privés de leurs droits, les connexions [Internet] ne sont toujours pas suffisantes pour que les gens puissent faire ce qu’ils ont à faire», dit-elle. «Il ne s’agit pas seulement de connectivité, mais de la qualité de la connectivité.»

Mohammed Aiyeloja, en haut à gauche, et ses collègues coordinateurs travaillent sur l’une des installations domestiques à Curtis Bay en juillet 2021. © Jonathan Butler

Après avoir obtenu un financement de United Way, l’équipe a obtenu une liaison terrestre sécurisée d’un FAI de taille moyenne (GiGstreem) pour une liaison sans fil point à point de l’autre côté de la rivière Patapsco.

Ils ont maintenant commencé à étendre le réseau communautaire aux foyers. Leur objectif est de connecter un foyer par jour, pour atteindre 210 foyers la première année. Chaque point d’accès couvre un rayon d’environ 800 mètres, les maisons étant sélectionnées en fonction de leur emplacement entre deux points de fibre aérienne: transmission de données à haut débit et à emplacement fixe à l’aide d’ondes radio. L’installation de ces points d’accès à domicile a commencé à Curtis Hill en juin 2021 et devrait prendre cinq mois.

Jonathan dit que l’équipement et l’accès resteront gratuits pour tous les ménages et utilisateurs participants pendant la première année. En fin de compte, cependant, Dustin et Jonathan espèrent construire un modèle d’entreprise coopératif durable. Un réseau pouvant être détenu et géré par les membres de la communauté, tout en maintenant un coût abordable.

Les points d’accès Wi-Fi communautaires desservent actuellement quelques 2 000 personnes par semaine. Une fois l’extension aux foyers terminée, ils devraient pouvoir atteindre plus de 6 000 personnes par mois.

C’est un pas dans la bonne direction pour atteindre l’équité numérique, selon les propres termes de la communauté.

Image principale: © J.J. McQueen